LES HERBIERS MARINS
Souvent confondus avec des algues, les herbiers marins sont des plantes à fleurs sous-marines.
En Guadeloupe, ils abritent une riche biodiversité, stabilisent les fonds sableux et soutiennent la vie des récifs.
Des plantes marines, pas des algues

En Guadeloupe, les herbiers forment de vastes prairies sur les petits fonds côtiers, là où la lumière atteint le sable ou la vase.
Contrairement aux algues, les phanérogames* marines possèdent des racines, des rhizomes*, des feuilles, des fleurs et des fruits.
Situés entre mangroves, fonds sédimentaires et récifs, ils servent de zones de nourrissage, de reproduction et de refuge pour de nombreuses espèces.
Quatre espèces à connaître dans les herbiers
Deux espèces indigènes dominent les herbiers guadeloupéens : l’herbe à tortue, Thalassia testudinum, et l’herbe à lamentin, Syringodium filiforme.
L'espèce exotique envahissante, Halophila stipulacea, a également colonisée d'importantes surfaces depuis son arrivée en 2009 .
L’herbe à tortue, Thalassia testudinum
Thalassia testudinum se reconnaît à ses feuilles larges en ruban. Ses racines et rhizomes profonds stabilisent les sédiments, tandis que ses feuilles freinent les courants et offrent un support à de petits organismes.
Elle nourrit notamment la tortue verte et abrite poissons juvéniles, crustacés, lambis, oursins et invertébrés. C’est une espèce structurante des herbiers tropicaux.
L’herbe à lamentin, Syringodium filiforme
Syringodium filiforme possède des feuilles longues, fines et cylindriques. Elle colonise souvent des fonds perturbés ou pauvres avant l’installation d’herbiers plus denses.
Souvent associée à l’herbe à tortue, elle contribue à stabiliser les fonds, produire de la matière organique et maintenir une mosaïque d’habitats.
Halophila stipulacea, une espèce introduite sous surveillance
Halophila stipulacea, originaire de l’Indo-Pacifique, s’est installée dans plusieurs îles de la Caraïbe, dont la Guadeloupe. Elle forme parfois des tapis denses sur les fonds côtiers.
Son expansion peut concurrencer les espèces locales et modifier les habitats. Son suivi est donc important pour mieux comprendre ses effets sur les écosystèmes côtiers.

Herbe à tortue (Thalassia testudinum).

Herbe à lamentin, Syringodium filiforme

Halophila stipulata
Pourquoi les herbiers sont-ils indispensables ?

Les herbiers produisent de l’oxygène, stockent du carbone, piègent les sédiments et améliorent la clarté de l’eau. Ils limitent aussi l’érosion en atténuant l’effet des vagues et des courants.
Ils jouent également le rôle de nurseries : poissons juvéniles, lambis, oursins, crustacés et autres invertébrés y trouvent nourriture et protection avant de rejoindre les récifs.
Des écosystèmes fragiles face aux pressions humaines
Les herbiers restent vulnérables à la pollution, aux excès de nutriments, à la turbidité, aux aménagements littoraux, aux mouillages et aux ancres de bateaux.
Les houles cycloniques peuvent fortement les impacter, surtout lorsqu'ils sont déjà fragilisés. L’arrivée d’Halophila stipulacea renforce la nécessité de suivis réguliers.

Observer, comprendre et protéger

Protéger les herbiers, c’est préserver des habitats essentiels aux tortues, poissons, invertébrés et récifs coralliens, ainsi que des services naturels précieux pour le littoral.
Chacun peut agir : éviter de piétiner les herbiers, ne pas jeter l’ancre dessus, limiter les pollutions et signaler les observations utiles lors des sorties en mer.
En Guadeloupe, un arrêté préfectoral interdit formellement le mouillage des navires sur les herbiers marins.
Bibliographie et liens.
Site Doris de la FFESSM https://doris.ffessm.fr/
Parc national de la Guadeloupe. Herbiers : présentation des herbiers marins et du contexte écologique guadeloupéen. https://www.guadeloupe-parcnational.fr/fr/des-connaissances/patrimoines-naturels/la-flore/herbiers
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